{"id":12934,"date":"2022-08-09T15:24:17","date_gmt":"2022-08-09T13:24:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.bllconsulting.com\/?p=12934"},"modified":"2022-08-09T15:25:08","modified_gmt":"2022-08-09T13:25:08","slug":"angola-et-corruption-une-histoire-de-famille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.kaufholdreveillaud.lu\/fr\/angola-et-corruption-une-histoire-de-famille\/","title":{"rendered":"Angola et corruption, une histoire de famille"},"content":{"rendered":"<h2>Introduction<\/h2>\n<p>L\u2019affaire Jos\u00e9 Eduardo dos Santos peut \u00eatre sans aucun doute qualifi\u00e9e comme l\u2019affaire de d\u00e9tournement de fonds publics la plus importante de la derni\u00e8re d\u00e9cennie s\u2019\u00e9tant d\u00e9roul\u00e9e sur la sc\u00e8ne Africaine. Auteur pr\u00e9sum\u00e9 d\u2019un d\u00e9tournement de 9,6 milliards d&rsquo;euros de biens publics, dissimul\u00e9s dans plusieurs pays \u00e0 travers le globe, et soutenu par des institutions financi\u00e8res \u00e9trang\u00e8res, Jos\u00e9 Eduardo dos Santos s\u2019est retrouv\u00e9 au c\u0153ur d\u2019une affaire de corruption \u00e0 grande \u00e9chelle. Cette histoire n\u00e9cessite une compr\u00e9hension historique, afin de saisir \u00e0 la fois son ampleur et son caract\u00e8re structurel.<\/p>\n<p>Pendant plus de 40 ans l\u2019Angola d\u00fb faire face \u00e0 plusieurs guerres successives. D\u2019abord, \u00e0 la guerre d\u2019ind\u00e9pendance contre la pr\u00e9sence Portugaise de 1961 \u00e0 1974. Puis, \u00e0 la guerre civile entre 1975 et 2002, opposant l&rsquo;Union nationale pour l&rsquo;Ind\u00e9pendance Totale de l&rsquo;Angola (UNITA) au Mouvement populaire pour la lib\u00e9ration de l&rsquo;Angola (MPLA). Le MPLA, soutenu par l\u2019Union sovi\u00e9tique et Cuba, illustre la mani\u00e8re dont la guerre civile Angolaise n\u2019\u00e9tait autre qu\u2019un exemple de guerre par procuration, typique de l&rsquo;\u00e9poque de la guerre froide. Son principal objectif, \u00e9tait de permettre \u00e0 quelques puissants de mettre la main sur l&rsquo;appareil \u00e9tatique, afin de s\u2019approprier les nombreuses ressources pr\u00e9sentes sur le territoire.<\/p>\n<p>En effet, tandis que la guerre a longtemps emp\u00each\u00e9 le d\u00e9veloppement \u00e9conomique d\u2019une partie consid\u00e9rable du pays, l\u2019\u00c9tat s\u2019est vu \u00e9conomiquement renforc\u00e9 par l\u2019exploitation des ressources, provenant notamment du p\u00e9trole et des mines de diamants. \u00c0 la fin de la guerre, avec la disparition du soutient sovi\u00e9tique, la production p\u00e9troli\u00e8re s\u2019est vu devenir une alternative majeure au financement du gouvernement et connu un essor fulgurant atteignant les 1 million de barils par jours. Les cons\u00e9quences de ce model ont eu un effet durable sur l&rsquo;\u00e9conomie et sur la politique de l&rsquo;Angola. Cela a permis au pr\u00e9sident Dos Santos, ancien marxiste consid\u00e9r\u00e9 comme un h\u00e9ros national avant de virer autocrate, de mettre en place un syst\u00e8me de client\u00e9lisme tr\u00e8s sophistiqu\u00e9. L\u2019objectif \u00e9tant de r\u00e9compenser les gagnants de la guerre, dont de nombreux g\u00e9n\u00e9raux, ce qui permettait de les tenir \u00e9loign\u00e9s du pouvoir politique. Ainsi, centralisant l&rsquo;\u00e9conomie autour de l\u2019ex\u00e9cutif et de l\u2019arm\u00e9e, tout en r\u00e9gionalisant le d\u00e9veloppement \u00e9conomique du pays, l\u2019Angola est devenue en 2013 la 3\u00e8me plus grande \u00e9conomie d&rsquo;Afrique, sans pour autant am\u00e9liorer son indice de d\u00e9veloppement humain (IDH).<\/p>\n<p>C\u2019est donc \u00e0 partir de cet h\u00e9ritage sovi\u00e9tique, qu\u2019il est possible de baser sa compr\u00e9hension du contexte Angolais et de saisir ce qui a permis, \u00e0 travers une connexion limit\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie internationale et une absence de transparence, \u00e0 la nationalisation des infrastructures du pays et \u00e0 la concentration des richesses du pays par l&rsquo;\u00c9tat et pour l\u2019\u00c9tat. C\u2019est aussi l\u2019h\u00e9ritage du syst\u00e8me \u00e9conomique de commandement sovi\u00e9tique, qui a permis \u00e0 l\u2019Angola de maintenir un syst\u00e8me hautement corrompu et opaque durant les 38 ans de pr\u00e9sidence de Jos\u00e9 Eduardo Dos Santos, cr\u00e9ant des alt\u00e9rations institutionnelles consid\u00e9rables, \u00e0 l&rsquo;\u00c9tat et au public.<\/p>\n<h2><strong>L\u2019affaire Dos Santos<\/strong><\/h2>\n<p>Le r\u00e9gime mis en place par le Pr\u00e9sident Jos\u00e9 Eduardo Dos Santos \u00e9lu en 1979, \u00e9tait un gouvernement centralis\u00e9 aux tendances autoritaires. Il permettait l\u2019appropriation des ressources nationales par le pr\u00e9sident et son entourage, via l\u2019utilisation de l&rsquo;appareil gouvernemental. Cette utilisation, lui permettait d\u2019extraire des profits priv\u00e9s de l&rsquo;\u00e9conomie public, au travers de m\u00e9thodes l\u00e9gales et extra-l\u00e9gales, tout en b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un niveau \u00e9lev\u00e9 de discr\u00e9tion et un faible niveau de responsabilit\u00e9 au regard des d\u00e9penses gouvernementales.<\/p>\n<p>Le Fond Mon\u00e9taire International (FMI), estime que durant la guerre froide Dos Santos se serai appropri\u00e9 pr\u00e8s d\u2019un milliard de dollars par an du budget du gouvernement. Avec la chute de l\u2019empire sovi\u00e9tique, nous aurions pu croire au changement, avec la mise en place d\u2019un processus de lib\u00e9ralisation \u00e9conomique. Cependant, son application abusive a permis au contraire de renforcer la corruption, via la vente de nombreux actifs de l&rsquo;\u00c9tat, \u00e0 un prix inf\u00e9rieur \u00e0 celui du march\u00e9, aux membres du r\u00e9seau de patronage pr\u00e9sidentiel. Cela fut l\u2019une des nombreuses \u00e9tapes qui ont permis \u00e0 Jos\u00e9 Eduardo Dos Santos d\u2019assurer le monopole des ressources du pays. En effet, un deuxi\u00e8me pas fut franchi en 2010, lors de l\u2019entr\u00e9e en vigueur d\u2019une nouvelle constitution visant \u00e0 augmenter les pouvoirs du pr\u00e9sident sortant, lui permettant de faire entrer en vigueur des d\u00e9cisions par d\u00e9cret pr\u00e9sidentiel. De plus, en parall\u00e8le de ces r\u00e9formes visant \u00e0 faciliter la corruption dans le pays, la production p\u00e9troli\u00e8re du pays passa de 1 million \u00e0 2 millions de barils par jours, et son prix de 20-30 dollars \u00e0 plus de 100 dollars le baril, qui offrit \u00e0 l\u2019Angola un PIB de 120 milliards de dollars.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi la communaut\u00e9 internationale commen\u00e7a \u00e0 se mobiliser autour de la question Angolaise, et fit tr\u00e8s vite pression sur l\u2019ex\u00e9cutif pour\u00a0: augmenter l\u2019approvisionnement des services publics, mettre en place une l\u00e9gislation anti-corruption, et favoriser la transparence dans les secteurs p\u00e9trolier et financier. Cependant, bien que l\u2019Angola ait, suite \u00e0 ces pressions, nettement am\u00e9lior\u00e9 ses services afin de rester en conformit\u00e9 formelle avec les normes internationales, et de garantir son acc\u00e8s aux march\u00e9s internationaux, la corruption n\u2019a en aucun cas disparut. Au contraire, celle-ci a simplement pris d\u2019autres formes, certes plus complexes et plus subtiles, afin de contourner les lois internationales.<\/p>\n<p>C\u2019est donc au travers de la r\u00e9sistance du syst\u00e8me de Dos Santos face aux diff\u00e9rentes tentatives d\u2019affaiblissement, et son implantation au c\u0153ur de chaque organe vital de l&rsquo;\u00c9tat, qu\u2019il est possible de constater le caract\u00e8re syst\u00e9mique et structurel de ce syst\u00e8me de patronage centralis\u00e9. C\u2019est notamment son appui sur le secteur p\u00e9trolier qui lui a permis de d\u00e9velopper et de faire prosp\u00e9rer cette corruption polymorphe dans le pays, en impliquant des entreprises contr\u00f4l\u00e9es par l&rsquo;\u00e9lite du parti et leurs proches qui privil\u00e9giaient leurs int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s, au d\u00e9triment de leurs responsabilit\u00e9s li\u00e9 \u00e0 leurs fonctions. En effet, l\u2019ensemble des \u00ab\u00a0m\u00e9gaprojets\u00a0\u00bb port\u00e9s par le gouvernement, \u00e9taient dirig\u00e9s par l&rsquo;entourage direct de Jos\u00e9 dos Santos, de sorte \u00e0 concentrer la gestion des ressources du r\u00e9gime, sur un cercle restreint d\u2019individus faisant office de mini-gouvernement au sein du pouvoir.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi, l\u2019Angola a longtemps rim\u00e9 avec la corruption, ayant vu plus de 9,6 milliards d&rsquo;euros de biens publics d\u00e9tourn\u00e9s, dans plusieurs pays tel que\u00a0: la Grande-Bretagne, la Suisse, Singapour et les Bermudes. De plus, des poursuites sont men\u00e9es en Angola avec 715 affaires de corruption, fraude, d\u00e9tournement de fonds et autres d\u00e9lits financiers.\u00a0 Dos Santos est par cons\u00e9quent accus\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00e0 l\u2019origine de l&rsquo;un des pays les plus corrompus d&rsquo;Afrique, ignorant les pr\u00e9occupations de sa population\u00a0; tout en favorisant l\u2019exploitation des richesses p\u00e9troli\u00e8res publiques en vue d\u2019amasser une colossale fortune personnelle.<\/p>\n<p>L\u2019ex-pr\u00e9sident n\u2019est cependant pas le seul accus\u00e9 au c\u0153ur de ce scandale. Des responsables gouvernementaux, des officiers militaires, et ses enfants sont aussi particuli\u00e8rement vis\u00e9s par les accusations qui d\u00e9noncent leur enrichissement personnel, pendant qu\u2019une majorit\u00e9 de la population n\u2019a toujours pas acc\u00e8s aux services essentiels, et vit sous le seuil de pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>En effet, la fille de l\u2019ex-pr\u00e9sident, Isabel Dos Santos, directrice de Sonangol, et son d\u00e9funt Mari Sindika Dokolo, sont \u00e9galement des acteurs majeurs de cette com\u00e9die. D\u2019apr\u00e8s les \u00ab\u00a0Luanda Leaks\u00a0\u00bb, celle qui a longtemps \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite \u00e0 la fois comme la femme la plus riche d&rsquo;Afrique<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> et l&rsquo;entrepreneuse la plus prosp\u00e8re de son pays<em>, <\/em>serait parvenue \u00e0 d\u00e9tourner plus d\u2019un milliard de dollars de fonds publics. Ceux-ci proviendraient principalement de la compagnie p\u00e9troli\u00e8re publique et de la compagnie de diamant et auraient \u00e9t\u00e9 dissimul\u00e9 et dispers\u00e9 dans plus de 400 soci\u00e9t\u00e9s \u00e0 travers le monde. Ce qui scandalise d\u2019avantage, est le r\u00f4le qu\u2019aurait jou\u00e9 la communaut\u00e9 internationale en participant \u00e0 ces transactions, et en octroyant des pr\u00eats \u00e0 Isabel dos Santos.<\/p>\n<p>En outre, le fr\u00e8re d\u2019Isabel Dos Santo et ancien patron du Fonds souverain angolais, Jos\u00e9 Filomeno Dos Santos, est lui aussi accus\u00e9, et condamn\u00e9 \u00e0 cinq ans de prison en 2020 pour avoir d\u00e9tourn\u00e9 500\u00a0millions de dollars de la banque centrale vers le compte londonien d\u2019une agence du Cr\u00e9dit suisse.<a href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> L\u2019estimation de ce d\u00e9tournement s\u2019\u00e9l\u00e8ve cependant \u00e0 1,5 milliard de dollars, sur les 5 milliards qu\u2019il aurait supervis\u00e9 entre 2013 et 2018.<\/p>\n<h2><strong>Joao Louren\u00e7o\u00a0: la lutte contre la corruption<\/strong><\/h2>\n<p>C\u2019est donc dans une v\u00e9ritable croisade contre la corruption que s\u2019engage le nouveau pr\u00e9sident Joao Louren\u00e7o \u00e9lu en 2017. En effet, la lutte anti-corruption est une priorit\u00e9 absolue au sein du nouveau gouvernement qui a vu le jour suite \u00e0 la chute du prix du p\u00e9trole en 2014 (ayant baiss\u00e9 le PIB du pays \u00e0 89 milliards de dollars), et aux insurrections croissantes au sein du pays en r\u00e9ponse \u00e0 sa d\u00e9t\u00e9rioration. C\u2019est pourquoi, le pr\u00e9sident Louren\u00e7o, a d\u00e9but\u00e9 son mandat en proc\u00e9dant \u00e0 la destitution de l\u2019ensemble des proches de l\u2019ancien pr\u00e9sident, tous d\u00e9tenteurs d\u2019une place clef \u00e0 la t\u00eate des institutions, des entreprises publiques, ainsi que de la branche s\u00e9curitaire du pays. De plus, le nouveau chef d\u2019\u00c9tat a \u00e9galement d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9carter d\u00e9finitivement la famille Dos Santos, et d&rsquo;autres proches collaborateurs de postes de haut niveau, de l\u2019\u00c9tat afin de garantir une meilleure gouvernance plus transparente.<\/p>\n<p>Toutefois, bien qu\u2019aujourd\u2019hui Joao Louren\u00e7o soit parvenu \u00e0 reprendre le contr\u00f4le de 3,3\u00a0milliards de dollars du Fonds souverain angolais, sur les 5\u00a0milliards de dollars que dirigeait Jos\u00e9 Filomeno Dos Santos, et qu\u2019Isabel dos Santos doivent restituer 422 millions d\u2019euros \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 publique Sonangol, le pr\u00e9sident se retrouve sans cesse entrav\u00e9 par le syst\u00e8me mis en place par son pr\u00e9d\u00e9cesseur. En effet, avant son d\u00e9part, le pr\u00e9sident sortant s\u2019est assur\u00e9 de garantir la protection de sa famille et son immunit\u00e9, en nommant des fid\u00e8les \u00e0 des postes cl\u00e9s garantissant leurs prosp\u00e9rit\u00e9s. Il s\u2019agit donc d\u2019un bras de fer entre les deux pr\u00e9sidents, et d\u2019une interminable chasse aux sorci\u00e8res pour Joao Louren\u00e7o, qui se trouve \u00e0 devoir \u00e9purer chaque organe de l\u2019\u00e9tat, en vue d\u2019assainir l\u2019\u00e9conomie et de r\u00e9cup\u00e9rer ses actifs.\u00a0 C\u2019est aussi, ce qui explique la volont\u00e9 imminente du nouveau chef d\u2019\u00c9tat, de faire sauter les garde-fous de l\u2019ancien gouvernement et s\u2019attaquer \u00e0 la famille Dos Santos.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, 5 ans apr\u00e8s le d\u00e9part de Jos\u00e9 Eduardo Dos Santos, l\u2019Angola est le second producteur de p\u00e9trole d\u2019Afrique subsaharienne. Le pays tente d\u2019attirer les investisseurs, ainsi que d\u2019amorcer une diversification \u00e9conomique, pour amortir les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par la mauvaise gouvernance de l\u2019ex-pr\u00e9sident qui laisse en h\u00e9ritage une dette qui atteint pr\u00e8s de 90\u00a0% du produit int\u00e9rieur brut (PIB).<\/p>\n<p>Dans la continuit\u00e9 de cette vision, l\u2019Angola multiplie les emprunts aupr\u00e8s des institutions financi\u00e8res mondiales, notamment au pr\u00e8s du FMI, qui en 2018, lui aurait accord\u00e9 le pr\u00eat le plus important octroy\u00e9 \u00e0 un \u00c9tat Africain<a href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a> atteignant les 3,7\u00a0milliards de dollars.<\/p>\n<p>Cependant, la lutte anticorruption est loin d\u2019\u00eatre termin\u00e9e, et s\u2019annonce plus complexe que pr\u00e9vu. En effet, il n\u2019existe toujours pas de r\u00e9sultats tangibles et cr\u00e9dibles en mati\u00e8re d\u2019identification et de rapatriement des fonds publics d\u00e9tourn\u00e9s. D\u2019une part, cela est li\u00e9 au fait qu\u2019une importante partie du capital ait quitt\u00e9 ill\u00e9galement le pays et se soit \u00e9vapor\u00e9e dans des circuits financiers offshore ou illicites. D\u2019autre part, du fait qu\u2019une partie consid\u00e9rable de ces capitaux continue d\u2019irriguer l\u2019\u00e9conomie mondiale sous forme d\u2019investissements majeurs et r\u00e9cents. De plus, la fin de ce d\u00e9tournement massif de fonds a pour effet de mettre \u00e0 mal le PIB de certains pays qui b\u00e9n\u00e9ficiaient du versement de ces capitaux sur leurs territoires. C\u2019est pour toutes ces raisons, qu\u2019il n\u2019est aujourd\u2019hui possible d\u2019observer qu\u2019une faible baisse dans l&rsquo;indice de corruption de l&rsquo;Angola au cours des derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>Ainsi, malgr\u00e9 une lutte in\u00e9puisable contre la corruption, qui est gage d\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie de la population locale, l\u2019indice de perception de la corruption dans le secteur public \u00e9tait de 71 points en 2021 en Angola. L\u2019\u00e9chelle allant de 0 \u00e0 100, avec un score qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve proportionnellement \u00e0 la corruption, l\u2019Angola se classe ainsi \u00e0 la 135e place mondiale en 2021en terme de corruption. Bien que la t\u00e2che s\u2019annonce compliquer pour Joao Louren\u00e7o, qui reconnait une forte corruption au sein m\u00eame de son parti, force est de reconnaitre cependant que la corruption a connu une l\u00e9g\u00e8re baisse l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re en diminuant de 10 points depuis 2002. Reste \u00e0 voir si Joao Louren\u00e7o parviendra \u00e0 faire changer de mani\u00e8re substantielle le taux de corruption en Angola, et \u00e0 mettre un terme au syst\u00e8me si bien ficel\u00e9 de Dos Santos.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\"><\/a><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Introduction L\u2019affaire Jos\u00e9 Eduardo dos Santos peut \u00eatre sans aucun doute qualifi\u00e9e comme l\u2019affaire de d\u00e9tournement de fonds publics la plus importante de la derni\u00e8re d\u00e9cennie s\u2019\u00e9tant d\u00e9roul\u00e9e sur la sc\u00e8ne Africaine. 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